Travail et vie privée sont imbriqués – Bilan 27 juin 2017

de | 30 juin 2017
Par Camilles Andres et Serge Guertchakoff

Début juin, le premier Forum Management Montreux a réuni les spécialistes romands des ressources humaines afin d’ouvrir des pistes pour concilier productivité et bien-être.

La flexibilisation du travail a un revers surprenant: «Il faut faire attention à ce que les gens ne travaillent pas trop.» (Crédits: Steeve Luncker-Gomez/TDG)

 
Les spécialistes RH de Suisse romande sont venus massivement début juin dans un palace vaudois pour débattre du management du futur dans le cadre du premier Forum Management Montreux mis sur pied par le coach en entreprise Marcel Goldschmid. En une matinée, un constat a été fait: le temps où l’on badgeait est révolu. Cette conviction, c’est entre autres celle de Christian Brunier, directeur général des Services industriels de Genève (SIG).

«Aujourd’hui, travail et vie privée sont imbriqués. C’est comme ça. En tant qu’employeur, on ne peut rien y faire, sauf accompagner cette évolution au mieux, redonner du temps libre, de l’autonomie», constate celui qui a initié il y a cinq ans une transformation culturelle profonde de l’établissement public de 1700 employés. Son objectif est partagé par un grand nombre de managers aujourd’hui: rendre les organisations plus agiles. C’est-à-dire plus en phase avec les modes de vie des salariés et des clients, mais aussi plus compétitives et adaptées aux changements actuels et à venir.

Pour ce faire, Christian Brunier s’est basé sur une série d’initiatives très pragmatiques, notamment la flexibilisation des horaires et des lieux de travail, ou «les horaires à la confiance»: à chacun de gérer son emploi du temps. Cette opération ne concerne que des équipes volontaires et elle s’est faite en discussion avec des inspecteurs du travail. De plus, elle a toujours été réversible: toute personne qui s’estime lésée peut toujours décider de revenir au pointage classique.

Reste que les réfractaires sont peu nombreux, contrairement aux avantages: le temps économisé en transports permet de gagner en productivité, en bien-être. Le management lui-même change, puisqu’il se concentre sur la qualité du travail plutôt que sur le contrôle de présence. Le revers de la médaille est par contre surprenant: «Il faut faire attention à ce que les gens ne travaillent pas trop», note Christian Brunier.

De son côté, Camille Rogge, DRH de Microsoft Suisse (600 employés en Suisse, dont une centaine à Genève), relève qu’elle n’effectue aucun contrôle sur l’engagement des employés, «même si nous en aurions les moyens». D’ailleurs, Microsoft teste actuellement «The New World of Work», un texte rédigé par Bill Gates en 2005 qui questionne sur la nécessité d’avoir encore besoin de bureaux pour travailler.

«En Italie, nous venons de créer un siège avec 500 places de travail alors que nous en employons 800», ajoute la DRH. Les Pays-Bas ont été le premier pays à avoir développé le home office. Il faut savoir que les millennials (les personnes nées entre 1982 et 2004) vont représenter 75% de la force de travail chez Microsoft en 2025…

Des équipes plus efficientes

Christophe Barman, fondateur de Loyco (82 salariés), s’est quant à lui exprimé sur la quête du sens. Il est vrai que, comme l’a rappelé Elodie Lhuillier, DRH chez Google Suisse, on passe plus de temps au travail qu’avec sa famille ou ses amis. «Les équipes qui se sentent en sécurité (c’est-à-dire qui peuvent prendre des risques et se montrer vulnérables) dépassent de 17% leurs objectifs, selon une étude récente», a observé celle-ci. «Il est possible d’instaurer ces mesures de bien-être au travail, c’est le bon sens même», a conclu avec un certain optimisme le président du forum, Marcel Goldschmid.

source: http://www.bilan.ch/plus-de-redaction/travail-vie-privee-imbriques